Germinal, publié par Émile Zola en 1885, est le treizième volume de la fresque des Rougon-Macquart. Le roman s'ouvre par l'arrivée d'Étienne Lantier, jeune ouvrier machiniste sans travail, dans le coron de Montsou, une région minière du Nord de la France, sous le Second Empire. Embauché comme herscheur à la fosse du Voreux, il découvre les conditions effroyables du travail au fond : obscurité, chaleur, danger permanent, salaires de misère.
Étienne est hébergé par la famille Maheu, une lignée de mineurs incarnant la condition ouvrière. Le père, Toussaint Maheu, travaille avec ses enfants : Zacharie, Catherine — dont Étienne tombe amoureux — et le jeune Jeanlin. La femme, la Maheude, lutte quotidiennement pour nourrir la famille. Catherine, elle, subit la brutalité de son amant Chaval, ouvrier violent et jaloux, rival d'Étienne.
Nourri de lectures socialistes et en correspondance avec le militant Pluchart, Étienne s'initie aux idées révolutionnaires et devient meneur. Lorsque la Compagnie des mines réduit encore les salaires, il pousse les mineurs à créer une caisse de secours puis à déclencher la grève. Le mouvement s'étend, la faim s'installe dans les corons, et la révolte tourne à l'émeute : les femmes mutilent le cadavre de l'épicier Maigrat, symbole de l'exploitation. Face aux mineurs affamés, l'armée intervient et tire sur la foule : Maheu tombe parmi les victimes.
La grève échoue, les ouvriers reprennent le travail vaincus. L'anarchiste russe Souvarine, figure du nihilisme destructeur, sabote alors le Voreux : la mine s'effondre, engloutissant plusieurs personnages. Étienne, Catherine et Chaval sont piégés au fond. Chaval est tué par Étienne, Catherine meurt dans ses bras. Sauvé après de longs jours, Étienne quitte Montsou au printemps, portant l'espoir d'une germination révolutionnaire à venir : les graines semées lèveront un jour.
Le roman met en scène l'affrontement entre le monde du travail — les Maheu, les mineurs — et celui du capital, représenté par les actionnaires invisibles, la famille bourgeoise des Grégoire et les Hennebeau. Zola construit une vaste tragédie collective où la foule devient un personnage à part entière. Les thèmes centraux sont l'exploitation capitaliste, la misère ouvrière, la naissance de la conscience de classe, la violence de la lutte sociale, mais aussi l'hérédité (Étienne porte la fêlure des Macquart), la sexualité brutale et la puissance élémentaire de la mine, décrite comme un monstre dévorant les hommes.