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La Chartreuse de Parme
Réalisme Prose Bac Section 2 / 17

La Chartreuse de Parme -- Fiche de lecture

Fiche de lecture · Stendhal
Claire Beaumont
7 min de lecture · 29 June 2026

Le roman est raconté par un narrateur omniscient au ton ironique et complice, qui multiplie les commentaires, les ellipses et les jugements sur ses personnages, prenant parfois la posture d'un chroniqueur rapportant des faits italiens authentiques. L'action se déroule entre 1796 et les années 1830, principalement en Lombardie puis à la petite cour de Parme, avec un épisode central sur le champ de bataille de Waterloo. Stendhal adopte une narration rapide, presque cavalière, qui contraste avec la finesse de l'analyse psychologique : le récit avance par bonds, privilégiant les moments décisifs aux longues descriptions, dans un mélange de gaieté, de mélancolie et de lucidité politique.

Chapitres 1 à 2 : l'enfance de Fabrice et l'ombre de Napoléon

Le roman s'ouvre sur l'entrée des troupes françaises à Milan en 1796, événement qui bouleverse la vie de la marquise del Dongo. Son second fils, Fabrice, naît bientôt, soupçonné d'être l'enfant du lieutenant français Robert. Élevé au château de Grianta sur les bords du lac de Côme, le jeune Fabrice grandit sous la protection de sa tante Gina Pietranera, jeune veuve éblouissante, et dans la haine de son père le marquis del Dongo, austère partisan de l'Autriche. Lorsque Fabrice apprend en 1815 le retour de Napoléon de l'île d'Elbe, il décide aussitôt, dans un élan d'enthousiasme romantique, de partir le rejoindre en France, contre l'avis des siens. Gina le soutient en secret et lui procure de l'argent.

Chapitres 3 à 4 : Waterloo

Le voyage tourne au picaresque. Fabrice, naïf et exalté, est pris pour un espion, emprisonné à B., puis libéré grâce à la femme du geôlier. Arrivé en Belgique, il achète à prix d'or l'équipement d'un hussard mort et se retrouve plongé dans la bataille de Waterloo sans rien y comprendre. Il suit le maréchal Ney sans le reconnaître, voit tomber des hommes autour de lui, tire quelques coups de pistolet et se demande, perplexe, s'il a véritablement combattu. Cette scène célèbre démythifie la guerre par le regard ingénu d'un héros qui cherche la grandeur épique et ne trouve que confusion, boue et fatigue. Blessé, dévalisé par ses propres compagnons, il rentre en Italie désabusé.

Chapitres 5 à 6 : retour en Lombardie et exil

De retour à Grianta, Fabrice est dénoncé à la police autrichienne pour avoir servi l'usurpateur. Sa tante Gina, désormais remariée au vieux duc Sanseverina pour des raisons de convenance, le fait passer en territoire de Parme. Elle s'y est installée avec son amant et protecteur, le comte Mosca, premier ministre du prince Ranuce-Ernest IV. Mosca, homme d'esprit et politique habile, conçoit pour Fabrice une carrière ecclésiastique : le jeune homme deviendra prélat, futur archevêque, à condition de suivre un séminaire à Naples. Fabrice accepte, plus par tendresse pour sa tante que par vocation.

Chapitres 7 à 8 : la cour de Parme

Le narrateur peint la petite cour de Parme comme un théâtre d'intrigues étouffantes, dominé par la peur du prince, les rivalités entre courtisans et la haine de Rassi, le fiscal général. La duchesse Sanseverina y règne par sa beauté et son esprit, tandis que Mosca tient le pouvoir réel. Fabrice revient de Naples en jeune monsignore, brillant mais incapable d'aimer véritablement, ce qui inquiète la duchesse, secrètement amoureuse de lui. Il multiplie les liaisons légères, notamment avec la jeune actrice Marietta.

Chapitres 9 à 11 : l'affaire Giletti

Le rival de Fabrice auprès de Marietta, le comédien Giletti, brutal et jaloux, l'attaque sur une route. Dans un combat confus, Fabrice tue Giletti en état de légitime défense. Cet incident, mineur en lui-même, devient une affaire d'État : les ennemis de Mosca et de la duchesse, menés par Rassi et la marquise Raversi, y voient l'occasion de perdre Fabrice et, à travers lui, leurs protecteurs. Fabrice fuit, se cache à Bologne sous un faux nom, où il poursuit une brève liaison avec la chanteuse Fausta. Pendant ce temps, à Parme, on instruit son procès en son absence et on le condamne à vingt ans de forteresse.

Chapitres 12 à 14 : l'arrestation et la tour Farnèse

Imprudent, Fabrice revient sur le territoire de Parme et tombe dans un piège tendu par ses ennemis. Il est arrêté et conduit à la citadelle, dans la redoutable tour Farnèse, dont le gouverneur est le général Fabio Conti. La duchesse, désespérée, remue ciel et terre pour le sauver. Mais c'est dans sa prison que Fabrice connaît la révélation amoureuse : depuis sa fenêtre grillagée, il aperçoit Clélia Conti, la fille du gouverneur, jeune fille pieuse et mélancolique, et tombe éperdument amoureux. Loin de souffrir de la captivité, il y goûte un bonheur paradoxal, communiquant avec Clélia par signes, par alphabets dessinés sur des feuilles, puis par billets glissés à travers les volets.

Chapitres 15 à 18 : l'amour en prison et l'évasion

Pendant que Fabrice savoure cette idylle silencieuse, la duchesse organise son évasion avec l'aide du poète révolutionnaire Ferrante Palla, qu'elle fascine. Clélia, déchirée entre son amour pour Fabrice et son devoir filial — son père risque d'être déshonoré s'il s'évade — apprend qu'on veut empoisonner le prisonnier. Elle prévient Fabrice, l'oblige à manger, et finit par accepter de favoriser sa fuite, en se promettant à la Madone de ne jamais le revoir si Dieu le sauve. Fabrice s'évade au moyen de longues cordes, descend les murailles vertigineuses de la tour Farnèse et trouve refuge en territoire piémontais. La duchesse, de son côté, fait empoisonner le prince Ranuce-Ernest IV par Ferrante Palla pour venger l'arrestation de son neveu.

Chapitres 19 à 22 : le nouveau règne et le retour volontaire en prison

Le jeune prince Ranuce-Ernest V monte sur le trône. La duchesse négocie habilement le retour de Fabrice, mais celui-ci, malheureux loin de Clélia, décide de revenir se constituer prisonnier à la citadelle, au mépris du danger. Cette folie amoureuse est l'un des plus beaux gestes du roman. À peine reincarcéré, il manque d'être empoisonné par le général Conti, furieux de son retour. Clélia, terrifiée, vient à son secours et lui avoue son amour. Mais elle reste liée par son vœu à la Madone.

Chapitres 23 à 25 : Clélia mariée et les amours secrètes

Fabrice est finalement libéré et même réhabilité. Pour respecter son vœu de ne pas voir Fabrice, Clélia accepte d'épouser le riche marquis Crescenzi. Pendant ce temps, le comte Mosca redevient ministre, et la duchesse, épuisée, doit céder aux avances du nouveau prince pour obtenir la liberté définitive de Fabrice. Le jeune homme devient coadjuteur de l'archevêque de Parme et prêche avec un succès retentissant, dans le seul espoir que Clélia vienne l'entendre. Elle finit par céder : ils se retrouvent secrètement, dans l'obscurité, Clélia tenant son vœu en refusant de voir Fabrice à la lumière.

Chapitres 26 à 28 : dénouement et la chartreuse

De cette union naît un fils, Sandrino, que Fabrice veut élever auprès de lui. Pour le faire venir chez son père, Fabrice imagine de feindre la mort de l'enfant. Mais le petit Sandrino meurt réellement peu après, suivi de Clélia, brisée par le chagrin et le remords. Anéanti, Fabrice renonce au monde et se retire à la chartreuse de Parme, où il meurt au bout d'un an. La duchesse Sanseverina, qui a épousé le comte Mosca, ne lui survit que peu de temps. Le narrateur clôt brusquement son récit sur la formule célèbre dédicaçant l'ouvrage To the happy few, signature d'une œuvre qui aura cherché le bonheur avec une intensité désespérée, et qui ne le trouve que dans les éclairs fugaces de la passion et du courage.

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