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Les Confessions
Lumières Prose Bac Section 2 / 17

Les Confessions -- Fiche de lecture

Fiche de lecture · Jean-Jacques Rousseau
Claire Beaumont
8 min de lecture · 25 May 2026

Le recit est mene a la premiere personne par Rousseau lui-meme, ecrivain et philosophe genevois, qui se presente comme temoin unique de sa propre verite. La situation d'enonciation est celle d'un homme vieillissant, persuade d'etre persecute, qui ecrit dans les annees 1760-1770 pour se justifier devant Dieu et devant la posterite. L'action couvre une cinquantaine d'annees, de sa naissance a Geneve en 1712 a son exil suisse en 1765, et se deploie entre la Suisse, la Savoie, l'Italie du Nord et Paris. Le ton melange confidence intime, lyrisme de la nature, analyse psychologique minutieuse et amertume polemique ; il alterne tendresse pour les souvenirs et indignation contre les contemporains.

Livre I (1712-1728) : l'enfance genevoise

Rousseau s'ouvre par une declaration solennelle : il entreprend une entreprise sans exemple, montrer un homme dans toute la verite de sa nature. Sa mere meurt en lui donnant naissance, ce qu'il presente comme le premier de ses malheurs. Eleve par son pere Isaac, horloger sensible et lecteur passionne, il devore avec lui des romans puis des ouvrages d'histoire : Plutarque surtout nourrit son imagination republicaine. Apres une querelle, son pere quitte Geneve ; le petit Jean-Jacques est mis en pension chez le pasteur Lambercier a Bossey, ou il connait des annees heureuses. C'est la qu'il decouvre, sous la fessee de Mlle Lambercier, l'eveil trouble de la sensualite, episode qu'il analyse avec une franchise inedite. De retour a Geneve, il est place comme apprenti, d'abord chez un greffier qui le renvoie, puis chez le graveur Ducommun, brutal, qui lui apprend le mensonge, le vol et la paresse. Un soir, ferme hors des murs de la ville, il decide sur un coup de tete de tout abandonner.

Livre II (1728) : la conversion et Mme de Warens

Le jeune fugueur erre en Savoie et arrive a Annecy, ou un cure le recommande a Mme de Warens, jeune convertie au catholicisme chargee par l'eveque d'aider les protestants a abjurer. La premiere rencontre est un eblouissement : Rousseau decrit une femme blonde, douce, rayonnante, qu'il appellera bientot Maman. Elle l'envoie a Turin a l'hospice des catechumenes, ou il abjure le calvinisme dans des conditions humiliantes. Devenu laquais chez la comtesse de Vercellis, il commet le vol d'un ruban qu'il fait retomber sur la servante Marion ; ce mensonge, qui ruine la jeune fille, restera le remords le plus tenace de toute l'oeuvre et l'une des raisons avouees de l'entreprise des Confessions.

Livre III (1728-1731) : errances et retour aupres de Maman

Rousseau enchaine les places subalternes a Turin, notamment chez le comte de Gouvon, qui pressent ses talents et veut le pousser. Mais l'envie de revoir Mme de Warens l'emporte : il abandonne tout et repart a pied a Annecy. Maman l'accueille avec tendresse et tente de lui faire apprendre un metier, sans succes durable. Il fait l'experience de courtes fugues musicales, se fait passer pour un musicien francais nomme Vaussore et donne un concert ridicule a Lausanne. La protection de Mme de Warens reste le point fixe de cette periode d'instabilite.

Livre IV (1731-1732) : la route et la musique

Apparait l'episode du voyage a pied vers Paris, puis a Lyon ; Rousseau y developpe le motif, central dans son oeuvre, du bonheur de la marche en pleine nature. Engage comme interprete d'un faux archimandrite grec, il decouvre la duplicite du monde. Il finit par retrouver Maman, installee desormais a Chambery, et commence aupres d'elle une vie plus stable comme employe au cadastre du roi de Sardaigne.

Livre V (1732-1736) : Chambery et l'initiation

Rousseau quitte son emploi administratif pour se consacrer a la musique, qu'il enseigne. La relation avec Mme de Warens se transforme : elle decide, par souci de le proteger des dangers de la jeunesse, de devenir sa maitresse. Il accepte avec un melange de bonheur et de gene, partageant sa faveur avec l'intendant Claude Anet, presence discrete et estimee, dont la mort brutale laisse un grand vide. Rousseau s'installe dans une domesticite amoureuse paisible, lit Voltaire, Locke, Malebranche, et se forme en autodidacte.

Livre VI (1736-1741) : les Charmettes

C'est le sommet idyllique du recit. Mme de Warens loue une maison de campagne aux Charmettes, pres de Chambery. Rousseau y vit ce qu'il presente comme les seuls moments pleinement heureux de son existence : lectures dans la nature, herborisations, etudes de mathematiques, musique, prieres simples. La sante chancelante l'oblige a un sejour de soins a Montpellier, ou il commet une infidelite avec une certaine Mme de Larnage. A son retour, il decouvre qu'un autre, Wintzenried, a pris sa place aupres de Maman. Le paradis se referme ; il accepte un poste de precepteur a Lyon chez les Mably, qu'il occupe sans talent.

Livre VII (1741-1747) : Paris et le monde des Lumieres

Rousseau monte a Paris pour y faire fortune grace a un nouveau systeme de notation musicale, qui est poliment ecarte par l'Academie des sciences. Il devient secretaire de l'ambassadeur de France a Venise, M. de Montaigu, dont il subit l'incompetence et la malhonnetete. De retour a Paris, brouille avec son ancien employeur, il s'installe a l'hotel Saint-Quentin et y rencontre Therese Levasseur, lingere modeste qu'il choisit comme compagne pour toute sa vie. Il se lie d'amitie avec Diderot et entre dans le cercle des philosophes ; il commence a contribuer a l'Encyclopedie pour les articles de musique.

Livre VIII (1749-1755) : l'illumination de Vincennes

Sur la route de Vincennes, ou il va visiter Diderot emprisonne, Rousseau lit dans le Mercure de France la question mise au concours par l'academie de Dijon : les sciences et les arts ont-ils contribue a epurer les moeurs ? Saisi d'une emotion qu'il decrit comme une illumination, il concoit d'un coup sa pensee : la civilisation corrompt l'homme naturellement bon. Son Discours sur les sciences et les arts remporte le prix et le rend celebre. L'opera Le Devin du village, joue devant le roi, confirme sa gloire, mais il refuse une pension royale par fidelite a son ideal d'independance. Le Discours sur l'origine de l'inegalite approfondit sa rupture avec les philosophes parisiens.

Livre IX (1756-1757) : l'Ermitage et l'amour pour Sophie

Mme d'Epinay, riche amie des Encyclopedistes, lui prete l'Ermitage, maison isolee dans la foret de Montmorency. Rousseau y vit avec Therese et sa mere, ecrit, reve, herborise. Il y concoit La Nouvelle Heloise, porte par une exaltation amoureuse. Au cours de l'ete, il rencontre Sophie d'Houdetot, belle-soeur de Mme d'Epinay, deja eprise du poete Saint-Lambert ; il s'en eprend passionnement. Cet amour, presente comme platonique mais brulant, declenche une serie de malentendus et de jalousies : brouille avec Diderot, avec Grimm, avec Mme d'Epinay, qui finit par lui demander de quitter l'Ermitage. Rousseau commence a se sentir entoure d'un complot.

Livre X (1758-1759) : Montmorency et la maturite philosophique

Le marechal et la marechale de Luxembourg l'accueillent dans leur domaine de Montmorency. Rousseau y trouve une protection aristocratique et une affection sincere. Il y acheve La Nouvelle Heloise, redige Du contrat social et Emile ou De l'education. Il revient sur la decision la plus douloureuse a confesser : avoir abandonne ses cinq enfants, nes de Therese, aux Enfants-trouves. Il s'en justifie maladroitement en invoquant la pauvrete et l'influence du milieu, mais reconnait sa faute morale.

Livre XI (1761-1762) : la condamnation d'Emile

La publication d'Emile en 1762, et notamment de la Profession de foi du vicaire savoyard, declenche le scandale. Le Parlement de Paris condamne le livre et decrete sa prise de corps. Averti a temps, Rousseau s'enfuit en pleine nuit. Geneve, sa patrie, condamne a son tour Emile et Du contrat social. Rousseau se sent traque par les autorites civiles et religieuses, abandonne par la plupart de ses amis : la perception de la persecution generalisee se fixe definitivement.

Livre XII (1762-1765) : l'exil suisse et la fin du recit

Refugie a Motiers, dans la principaute prussienne de Neuchatel, sous la protection de Frederic II et du marechal Keith, Rousseau adopte un habit armenien pour des raisons de sante et redige les Lettres ecrites de la montagne. Le pasteur Montmollin retourne contre lui la population : une nuit, des pierres sont lancees contre sa maison. Il se refugie alors sur l'ile de Saint-Pierre, au milieu du lac de Bienne, et y connait quelques semaines d'un bonheur retrouve dans la solitude, la botanique et la reverie au fil de l'eau. Mais les autorites de Berne l'expulsent. Le recit s'interrompt sur ce nouveau depart vers l'inconnu, image d'un homme definitivement separe des hommes, qui remet sa cause au seul jugement de la posterite.

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