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Candide
Lumières Prose Bac

Comment se termine le conte Candide et quelle décision finale prennent les personnages ?

Questions & réponses · Voltaire
Claire Beaumont
3 min de lecture · 1 October 2026

Le dernier chapitre de Candide (1759) rassemble, sur une petite métairie près de Constantinople, tous les survivants du long périple qui structure le conte : Candide lui-même, son précepteur Pangloss — philosophe indéfectiblement optimiste —, Cunégonde — la femme que Candide a aimée et qu'il retrouve vieillie et enlaidie —, Martin — le compagnon pessimiste qui sert de contrepoint à Pangloss —, Cacambo, la vieille et quelques autres. L'accumulation des désastres (naufrages, guerres, inquisition, esclavage, maladies) a épuisé les illusions de chacun sans, pour autant, offrir de consolation philosophique satisfaisante.

Un dénouement sans triomphe

La fin du conte n'est pas un happy end conventionnel. Candide épouse bien Cunégonde, mais ce mariage tant poursuivi est vidé de toute la charge romanesque qu'il portait : la jeune femme est devenue acariâtre et laide, et Candide ne l'épouse que par fidélité à sa parole. Ce détail est significatif : Voltaire désamorce le ressort sentimental du conte pour forcer le lecteur à chercher une satisfaction ailleurs que dans l'amour ou la fortune.

Le défi du désœuvrement

Avant d'adopter leur résolution finale, les personnages traversent une phase d'ennui profond. Voltaire met en scène leur désarroi face à l'inaction : sans projet ni épreuve à surmonter, ils s'épuisent en débats philosophiques stériles. C'est la rencontre avec un vieux cultivateur turc — personnage sobre, peu bavard, qui vit du travail de sa terre et ignore les grands noms de l'histoire politique — qui leur fournit le modèle d'une existence viable. Cet épisode est central : le vieillard, sans prétendre à aucune sagesse théorique, incarne une philosophie par l'exemple.

« Il faut cultiver notre jardin »

La formule conclusive que prononce Candide — il faut cultiver notre jardin — est l'une des plus commentées de la littérature française du XVIIIe siècle. Elle répond directement à Pangloss, qui s'obstine jusqu'à la dernière ligne à défendre sa thèse selon laquelle tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Candide ne réfute pas longuement cette position : il l'écarte d'un geste pratique.

Le « jardin » fonctionne à plusieurs niveaux. Au sens littéral, il désigne la terre que le groupe décide de travailler de ses mains. Au sens symbolique, il représente le périmètre de l'action humaine possible : ni l'utopie d'Eldorado (monde parfait mais inaccessible, que Candide a d'ailleurs quitté volontairement), ni la résignation passive, mais un espace délimité, concret, sur lequel l'effort individuel a une prise réelle. Voltaire oppose ainsi le travail humble et productif à deux écueils symétriques : l'optimisme spéculatif de Pangloss, qui justifie le mal au lieu de le combattre, et le pessimisme stérile de Martin, qui y voit une fatalité sans remède.

Une morale des Lumières

Cette conclusion s'inscrit dans la pensée des Lumières non par son optimisme — que Voltaire a précisément démoli tout au long du conte — mais par sa confiance dans l'action humaine et dans l'utilité concrète. Travailler, c'est refuser l'oisiveté corruptrice, c'est aussi renoncer aux grandes constructions métaphysiques qui, dans le conte, ont toujours servi à justifier l'injustice. La petite communauté finale ne résout pas les problèmes du monde ; elle choisit simplement de ne pas s'y perdre.

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