Dom Juan ou le Festin de Pierre s'ouvre sur un éloge paradoxal du tabac par Sganarelle, valet de Dom Juan, qui expose rapidement le caractère de son maître : un grand seigneur libertin, séducteur compulsif et athée provocateur. Dom Juan vient d'abandonner Done Elvire, qu'il a enlevée d'un couvent pour l'épouser, et projette déjà de nouvelles conquêtes amoureuses.
Au deuxième acte, Dom Juan tente de séduire simultanément deux paysannes, Charlotte et Mathurine, leur promettant le mariage à chacune. Sganarelle, tiraillé entre la désapprobation morale et la fidélité à son maître, assiste impuissant à ces manœuvres. Dom Juan échappe de justesse à des poursuivants lancés à ses trousses.
Le troisième acte introduit une scène capitale : Dom Juan rencontre dans une forêt un pauvre ermite et tente de le corrompre en lui offrant de l'argent en échange d'un blasphème. La même journée, il découvre le tombeau du Commandeur — un homme qu'il a tué en duel — et invite sa statue à dîner par bravade. La statue acquiesce d'un signe de tête, premier signe surnaturel qui annonce le dénouement.
Au quatrième acte, Dom Juan affronte plusieurs visiteurs. Son créancier Monsieur Dimanche est congédié par des flatteries hypocrites. Son père, Dom Louis, lui adresse de vifs reproches sur sa conduite indigne de sa naissance. Done Elvire, transformée par la grâce divine, vient le supplier une dernière fois de se repentir. La statue du Commandeur se présente effectivement au souper et invite Dom Juan à venir dîner avec elle le lendemain.
Le cinquième acte montre Dom Juan adoptant le masque de l'hypocrisie religieuse — ultime provocation qui lui permet de manipuler son entourage tout en poursuivant ses vices. Il feint la dévotion devant son père, mais confie à Sganarelle que cette conversion n'est qu'une imposture calculée. Un spectre apparaît pour l'avertir une dernière fois. Dom Juan refuse tout repentir. La statue du Commandeur vient alors lui tendre la main ; Dom Juan la saisit et se trouve englouti par les flammes, emporté dans un châtiment spectaculaire. Sganarelle, resté seul, se lamente — sur ses gages impayés.
La pièce croise plusieurs thèmes majeurs : le libertinage intellectuel et moral, la séduction comme exercice de pouvoir, l'hypocrisie sociale et religieuse, le rapport entre noblesse de sang et noblesse de comportement, et la question du châtiment divin face à l'impiété. Dom Juan incarne un défi permanent à toutes les autorités — familiale, conjugale, religieuse et sociale — tandis que Sganarelle représente le bon sens populaire, lâche mais lucide, incapable de s'opposer efficacement à un maître qu'il condamne sans oser le quitter.