Orgon, riche bourgeois parisien, a recueilli chez lui un certain Tartuffe, homme qui affiche une piété ostentatoire. Fasciné par ce qu'il croit être une sainteté authentique, Orgon lui voue une admiration aveugle, au point de négliger sa famille et de lui accorder une confiance absolue. Sa mère, Madame Pernelle, partage cet aveuglement et défend Tartuffe contre les soupçons du reste de la maisonnée. En revanche, Elmire — l'épouse d'Orgon —, son beau-fils Damis, sa fille Mariane, son beau-frère Cléante et la servante Dorine voient clair dans le jeu de l'imposteur.
Le conflit éclate lorsqu'Orgon décide de marier Mariane à Tartuffe, alors qu'elle aime le jeune Valère. Dorine, servante au franc-parler redoutable, tente de raisonner son maître et soutient les amoureux. Damis, impétueux, surprend Tartuffe en train de faire des avances à Elmire et dénonce l'hypocrite à son père. Mais Orgon, loin de croire son fils, le déshérite et fait donation de tous ses biens à Tartuffe, renforçant ainsi l'emprise du faux dévot sur la famille.
Pour dessiller les yeux de son mari, Elmire imagine un stratagème : elle convainc Orgon de se cacher sous une table pendant qu'elle reçoit Tartuffe en tête-à-tête. L'imposteur, croyant avoir le champ libre, dévoile sans retenue ses intentions libertines. Orgon, enfin détrompé, ordonne à Tartuffe de quitter la maison. Mais le rapport de force s'est inversé : grâce à la donation et à une cassette contenant des documents compromettants qu'Orgon lui avait confiée, Tartuffe est désormais juridiquement maître des lieux. Il menace la famille d'expulsion et de dénonciation auprès du roi.
Le dénouement intervient par un coup de théâtre : un exempt, envoyé par le roi, arrête Tartuffe au moment où celui-ci croit triompher. Le souverain, présenté comme un prince clairvoyant incapable d'être trompé par l'hypocrisie, a reconnu en Tartuffe un escroc déjà connu sous un autre nom. Orgon est pardonné, ses biens lui sont restitués et le mariage de Mariane avec Valère peut avoir lieu.
La pièce développe plusieurs thèmes majeurs du théâtre de Molière : l'hypocrisie religieuse, dénoncée à travers le personnage éponyme qui instrumentalise le langage dévot pour servir ses appétits ; l'aveuglement obstiné d'un chef de famille qui met les siens en péril par son entêtement ; l'opposition entre vraie et fausse dévotion, portée notamment par Cléante, personnage raisonnable qui incarne l'honnête homme classique ; enfin, le pouvoir de la parole — celle de Tartuffe qui séduit, celle de Dorine qui résiste, celle d'Elmire qui piège — comme moteur de l'action dramatique.